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Peut-on boire l’eau chaude du robinet ? Explication technique et bonnes pratiques

Il est généralement déconseillé de consommer directement l’eau chaude du robinet, issue du réseau d’eau chaude sanitaire, même si elle provient à l’origine du même réseau d’eau potable.

Cette recommandation repose sur des raisons techniques et sanitaires.

Il s’agit avant tout d’une bonne pratique d’usage.


1. Une eau plus stagnante dans l’installation

Dans la plupart des logements, l’eau froide arrive directement du réseau public.

L’eau chaude, en revanche, passe par :

  • un chauffe-eau
  • une chaudière
  • un ballon de stockage (boiler)

Cela implique :

  • un temps de stagnation plus long
  • des températures variables
  • des zones parfois tièdes dans l’installation

Ce contexte peut favoriser le développement de certains micro-organismes, notamment si l’installation est mal entretenue.

On parle par exemple du risque lié aux bactéries de type légionelles dans certaines conditions techniques.


2. Une eau chaude plus propice à dissoudre certains éléments

D’un point de vue physique, l’eau chaude dissout plus facilement certaines substances que l’eau froide.

Elle peut ainsi contenir davantage :

  • de métaux (comme le plomb dans les très anciennes installations, mais aussi cuivre ou nickel)
  • de dépôts issus du ballon
  • des résidus de corrosion ou de tartre

Même dans une installation conforme, l’eau chaude est plus susceptible d’emporter ces éléments que l’eau froide fraîchement renouvelée depuis le réseau.


3. Des équipements non conçus pour un usage alimentaire direct

Les chauffe-eau et ballons d’eau chaude sanitaire ne sont pas conçus pour un usage alimentaire direct.

Dans la pratique :

  • du tartre et des sédiments peuvent s’accumuler au fond du ballon
  • ces équipements sont rarement nettoyés régulièrement par les utilisateurs
  • l’eau est parfois maintenue à des températures intermédiaires (environ 40–60 °C)

Ces conditions peuvent favoriser la formation de biofilms dans l’installation.

Cela n’empêche pas l’utilisation pour l’hygiène ou le nettoyage, mais rend l’eau moins adaptée à la boisson ou à la cuisine.


4. Des recommandations sanitaires cohérentes

Les recommandations sanitaires, en Europe comme ailleurs, vont généralement dans le même sens :

  • utiliser l’eau froide pour boire
  • utiliser l’eau froide pour cuisiner
  • chauffer l’eau soi-même (casserole, bouilloire, etc.)

Ce principe s’applique notamment pour :

  • le café et le thé
  • la cuisson des pâtes ou du riz
  • la préparation des biberons

L’objectif est de partir d’une eau fraîchement renouvelée et non d’une eau ayant stagné dans une installation chaude.


5. Le cas particulier des installations anciennes

Dans les bâtiments anciens, encore nombreux en Europe, les canalisations d’eau chaude peuvent être plus anciennes que celles de l’eau froide.

Cela peut accentuer :

  • le relargage de métaux
  • la présence de dépôts internes
  • ou certains phénomènes de contamination liés à l’état du réseau domestique

L’âge et l’entretien de l’installation jouent donc un rôle important dans la qualité de l’eau chaude sanitaire.


La bonne pratique recommandée

La bonne pratique consiste simplement à utiliser de l’eau froide potable du robinet, puis la chauffer soi-même pour la boisson et la cuisine.

Cette approche permet d’utiliser une eau fraîchement renouvelée, techniquement plus adaptée à un usage alimentaire que l’eau issue du réseau d’eau chaude sanitaire.

Synthèse vidéo


Pour une explication claire et pédagogique sur la différence entre eau chaude sanitaire et eau froide pour la consommation.

Voir la vidéo explicative :