En filtration de l’eau, on parle souvent de “filtrer”, comme si toutes les technologies faisaient la même chose.
En réalité, elles ne travaillent pas du tout à la même échelle.
Pour comprendre ces différences, prenons un repère simple : l’épaisseur d’un cheveu humain, qui mesure entre 50 et 100 microns.
À partir de cette référence, on peut situer clairement chaque niveau de filtration.
1. Filtration autour de 50 microns : les filtres lavables
Le premier niveau que l’on retrouve sur le marché est une filtration autour de 50 microns.
Il s’agit généralement de filtres lavables installés en amont d’une installation.
Ils retiennent :
- les grosses particules visibles à l’oeil nu
- le sable
- les boues
- les débris
On reste ici à une échelle comparable à celle d’un cheveu. Tout ce qui est plus fin traverse.
2. Filtration entre 5 et 10 microns : les filtres à sédiments
Le second niveau descend entre 5 et 10 microns.
On retrouve ici les filtres à sédiments.
Ils retiennent :
- la rouille
- la vase
- le sable fin
On agit à une échelle environ dix fois plus fine qu’un cheveu, mais uniquement sur des particules solides.
3. Filtration entre 1 et 5 microns : le charbon actif
Le troisième niveau se situe entre 1 et 5 microns.
On retrouve ici le charbon actif.
Contrairement aux filtres mécaniques, il ne fonctionne pas uniquement par taille d’ouverture.
Il agit également par adsorption (mécanisme physique ou chimique par lequel des atomes, des ions ou des molécules (adsorbats) se fixent à la surface d’un matériau solide ou liquide (adsorbant).
Il peut ainsi réduire :
- le chlore
- l’ammoniac
- une partie des pesticides
On commence ici à agir autrement que par simple “maille de filtration”.
4. Microfiltration : autour de 0,1 micron
Avec la microfiltration, on descend vers 0,1 micron.
On est alors environ 500 fois plus fin qu’un cheveu.
Ce type de filtration retient :
- des bactéries
- certaines particules fines comme des pigments
Cependant, on reste dans une logique de séparation physique.
5. Ultrafiltration : autour de 0,01 micron
L’ultrafiltration descend encore d’un niveau, autour de 0,01 micron.
À cette échelle, on peut retenir :
- certains virus
- des biopolymères
On franchit une nouvelle étape dans la finesse de filtration.
6. Nanofiltration : autour de 0,001 micron
Le niveau supérieur est la nanofiltration, autour de 0,001 micron.
À ce stade, on commence à agir :
- non seulement sur les particules
- mais aussi sur certains composés dissous
Cela concerne :
- une partie des sels
- certains pesticides
- certains ions
On change clairement de catégorie.
7. Osmose inverse : séparation à l’échelle moléculaire
Enfin, le niveau de filtration le plus élevé est l’osmose inverse.
On travaille ici autour de 0,0001 micron, soit 0,1 nanomètre.
C’est des centaines de milliers de fois plus petit qu’un cheveu.
Une membrane osmotique agit à l’échelle moléculaire.
Elle laisse passer les molécules d’eau et réduit un très large spectre de polluants comme :
- les PFAS
- les TFA
- les métaux lourds
- les pesticides
- les éléments solubles.
- …
On ne parle plus de simple filtration mécanique, mais d’un traitement agissant sur la composition même de l’eau.
Toutes les filtrations enlèvent quelque chose, mais pas à la même échelle
Chaque technologie retire certains éléments.
Mais elles ne travaillent clairement pas au même niveau.
Plus on descend en échelle :
- plus on agit en profondeur
- plus on modifie la composition réelle de l’eau
Comprendre cette échelle permet de comparer les systèmes de manière objective, sans mettre toutes les technologies dans le même panier.
Synthèse vidéo
Pour une explication visuelle et synthétique de ces différents niveaux de filtration.
Voir la vidéo récapitulative ici :