Les filtres d’eau portables, souvent utilisés par les randonneurs ou survivalistes, sont régulièrement présentés comme des solutions permettant de “purifier” l’eau en pleine nature.
Pourtant, derrière ce terme, la réalité technique est plus nuancée.
Avant d’évaluer leur efficacité, il est essentiel de comprendre leur principe de fonctionnement, leur niveau de filtration et la question des certifications.
Un fonctionnement généralement basé sur la microfiltration
La plupart de ces filtres portables fonctionnent par microfiltration, autour de 0,1 micron.
À cette échelle de filtration, le dispositif agit comme une barrière physique contre certains éléments présents dans l’eau.
Ce type de filtration est conçu principalement pour :
- retenir certaines bactéries
- retenir certains parasites
- bloquer des particules fines
On reste cependant dans une logique de filtration mécanique, liée à la taille des éléments filtrés.
La question essentielle de la certification (NSF P231)
En matière d’efficacité microbiologique, la certification est un point central.
Certains fabricants indiquent que leur filtre répond à la norme NSF P231, qui concerne l’efficacité contre :
- les bactéries
- les parasites
Cependant, il est nécessaire de vérifier ces affirmations dans les bases de données officielles.
Dans le cas présenté ici :
- aucune certification NSF n’est retrouvée après vérification
- aucun laboratoire reconnu n’est mentionné
- ni sur l’emballage
- ni dans le manuel d’utilisation
Sans certification NSF P231, ou sans tests réalisés par un laboratoire reconnu respectant ce protocole, il est impossible de connaître avec certitude l’efficacité réelle du filtre contre les bactéries et les parasites.
Microfiltration : des limites techniques claires
Un filtre basé sur la microfiltration ne constitue pas une barrière efficace contre :
- les virus
- les polluants chimiques
- les pesticides
- les nitrates
- les PFAS
- les métaux lourds
Ces éléments sont bien trop petits et peuvent traverser ce type de filtration.
La technologie agit donc à un niveau précis, mais limité.
Exemple concret : une eau de source visuellement claire
Prenons une situation courante : une eau de source en montagne, visuellement claire.
Malgré son apparence, elle peut être contaminée en amont par :
- des matières fécales humaines
- ou animales
Dans ce contexte, l’eau peut contenir :
- des bactéries
- des parasites
- et plus rarement des virus
La transparence visuelle de l’eau ne garantit donc pas son innocuité microbiologique.
Une solution utile en situation d’urgence, mais pas une purification complète
En situation d’urgence, un filtre de microfiltration peut constituer une solution préférable à l’absence totale de traitement, notamment face à un risque microbiologique.
Cependant, il est important de replacer cet usage dans son cadre technique réel.
Ce type de filtre :
- reste une microfiltration
- avec des limites connues
- notamment vis-à-vis des virus et des polluants chimiques
Il ne s’agit donc pas d’une purification complète de l’eau, mais d’un traitement partiel, adapté à certaines situations spécifiques.
Microfiltration et purification : deux niveaux différents
Employer le terme “purifier” pour ce type de dispositif peut entretenir une confusion.
La microfiltration agit principalement sur certains micro-organismes et particules, mais elle ne modifie pas la composition chimique de l’eau ni ne constitue une barrière universelle contre tous les contaminants.
Comprendre cette distinction permet d’évaluer ces filtres de manière objective, sans les surestimer ni les discréditer.
Synthèse vidéo
Pour une explication technique synthétique sur les filtres de randonnée, la microfiltration et la norme NSF P231.
Voir la vidéo explicative :